Le prix de l’accompagnement

*Ce billet est le troisième d’une série sur l’accompagnement à la naissance. Dans les dernières semaines, je me suis amusée à faire la distinction entre l’accompagnante à la naissance et la sage-femme et j’ai abordé le rôle de l’accompagnante dans la réduction des interventions médicales.

Les services d’accompagnement à la naissance au Québec se font soit à travers des organismes communautaires (comme lui, lui, lui), des entreprises privées (comme elle et elle) ou individuellement comme travailleuse autonome (comme elle, elle, elle, elle et moi). Il y a aussi le RQAN qui est un regroupement de travailleuses autonomes qui s’unissent pour augmenter leur visibilité. Certains organismes communautaires offrent l’accompagnement gratuitement ou sous contribution volontaire. Parfois, il y a des critères pour bénéficier du service, Rivka teachingcomme avec Montreal Birth Companions (MBC) qui sert seulement les moins nantis.

Petite parenthèse sur MBC, la fondatrice Rivka Cymbalist tente de financer un projet de café communautaire qui serait aussi un lieu d’échanges et d’information sur la périnatalité. Caffè della Pace est un projet qui lui tient vraiment à cœur et qui fera une différence dans la vie de beaucoup de familles. Si vous avez le goût de contribuer et d’aider le rêve d’une femme qui donne sans compter c’est ici. Fin de la parenthèse.

Dans le privé, l’accompagnante, ou l’entreprise, établit un prix pour ses services et l’échange est scellé par une signature de contrat. Les prix pour un suivi varient. La Presse, dans un article sur le sujet, avançait une fourchette de prix assez large, entre 500$ et 1300$ (Pssitt, mes tarifs sont dans la tranche inférieure). Un suivi standard d’accompagnement à la naissance comprend 3-4 rencontres prénatales, présence à l’accouchement et 2 rencontres postnatales, mais tout est modulable vu qu’on répond d’abord aux besoins de nos clients (pour avoir une idée des services que j’offre personnellement, vous pouvez visiter la section « services » de mon site Web). Ça inclut aussi une disponibilité téléphonique pratiquement tout le temps et une disponibilité pour l’accouchement qui s’étend entre 5 et 7 semaines autour de la date prévue d’accouchement (DPA).

Quand j’ai suivi ma formation avec Alternative Naissance, j’étais étonnée de voir à quel point le service était abordable. Oui, oui, je sais, on parle de plusieurs centaines de dollars, mais lorsqu’on décortique un peu le service, on comprend vite que les clients en ont pour leur argent. D’abord, l’accompagnante offre des cours prénataux privées, à domicile, qu’elle personnalise selon les besoins de ses clients. Ensuite, elle offre un service d’écoute presque en tout temps : réponse aux questions, documentation, accompagnement dans les multiples décisions à prendre, garde. Surtout, elle assure une présence continue à l’accouchement, peu importe la durée de celui-ci. Bien sûr pour assurer cette présence, elle doit se faire disponible continuellement pendant plusieurs semaines, ce qu’on appelle la garde. Ah la garde! Probablement l’aspect le plus compliqué du métier. La garde, ça veut dire que l’accompagnante reste disponible et est prête au cas où l’accouchement se déclencherait : elle ne boit pas à la fête de sa meilleure amie, elle s’assure d’être reposée, elle prévoit toujours un plan B au cas où elle devrait quitter son occupation du moment (genre aller aux pommes en famille avec deux voitures) et elle ne s’éloigne pas trop du lieu d’accouchement. Étrangement, je trouve que le métier d’accompagnement à la naissance n’offre pas de belles conditions favorisant une conciliation travail-famille. Par exemple, beaucoup d’accompagnantes rencontrent leurs clients le soir et les fins de semaine et, on le sait, les bébés naissent souvent la nuit. D’ailleurs, on m’a dit que les accompagnantes travaillant à temps plein ont une carrière assez courte… L’organisation du temps est certes un défi, mais il y a aussi l’intensité des expériences vécues pendant les naissances qui peuvent être difficiles à soutenir avec le temps. Étant encore à mes débuts, c’est sûr que ça me fait un peu peur. Je me demande souvent combien de temps je vais « tougher »? Deux ans? Cinq ans? Je discutais récemment avec une accompagnante qui songeait sérieusement à arrêter ses accompagnements après moins de deux ans de service. Elle était vraiment écœurée. Vous en pensez quoi vous, collègues accompagnantes? C’est possible de pratiquer longtemps ou c’est un métier qui use sans discriminer?.

DSCF0125Bien que l’accompagnement soit exigeant, je trouve que c’est un service magnifique qui touche au don de soi, à la bienveillance et à l’enrichissement mutuel à travers des échanges humains sincères. En tout cas, moi, ça m’inspire! Alors, voilà, histoire de vivre de ce don de soi, plusieurs doulas ont mis un prix sur ce service. Trouvez-vous que c’est trop cher le service d’accompagnement à la naissance?

2 thoughts on “Le prix de l’accompagnement

  1. alex simeon dit :

    Bonjour j’aimerais vraiment avoir des information au sujet un accouchement pour une personne immigrant au Quebec.merci

    1. Marylène Dussault dit :

      Vous trouverez beaucoup d’information dans les publications de ce blog ainsi que dans les commentaires associées au publication. Si vous avez besoin d’information supplémentaire, vous pouvez les formuler ici.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *