La culture de l’accouchement (Partie 1)

babyandmomLa culture est un des mots qu’on entend le plus au Québec – bon, j’avoue écouter souvent Radio-Canada première. Ah! La culture québécoise joyau sacré qui consacre et perpétue ce que nous sommes en nourrissant nos neurones de chanson pure laine avec des touches d’ailleurs (entre autres). La culture qu’elle soit artistique ou autre, c’est vraiment puissant. Parfois, on ne se rend même pas compte que nous avons fait de certaines idées les nôtres à cause de la culture ambiante. Le mouvement #agressionsnondénoncées a été particulièrement révélateur de ce phénomène.

Où je m’en vais avec cette introduction qui passe du répertoire de Charlebois à la culture du viol? Ben oui, je vais encore vous parler d’accouchement! Et le lien? Oui, oui, il y a une culture de l’accouchement! Quelles images vous viennent en tête si je vous demande de penser à une scène d’accouchement dans un film? Je peux essayer de deviner? Une femme qui arrive en catastrophe à l’hôpital et qui hurle à chaque contraction en projetant une émotion claire : JE CAPOTE!!!! À ses côtés, le futur papa complètement dépassé par la situation qui dit d’une voie ferme au premier « eye contact » avec un membre de l’équipe médicale : «Mais faites quelque chose! Elle souffre! » Quels messages déduisons-nous de ce genre d’images? Que les femmes ont BESOIN d’aide pour accoucher, qu’elles n’en ont ni le pouvoir ni la capacité. Que la douleur de l’accouchement est insupportable (tsé genre, IMPOSSIBLE à gérer). Que nos partenaires ne nous apporteront aucun support, parce qu’ils (elles) capotent aussi! Hollywood a travaillé fort pour nous répéter ces beaux messages. Un site américain faisant la promotion de l’accouchement naturel en a d’ailleurs fait une compilation. Fait intéressant: dans tous les cas, un médecin dit à la parturiente quand pousser – parce qu’elle ne peut pas le savoir quand c’est le temps de pousser (lire du sarcasme ici).

La dépossession de notre pouvoir d’accoucher est probablement l’élément de culture le plus puissant. Ça nous enlève tout simplement la force de remettre en question ce que les médecins/infirmières/mères/matantes/amis/animatrice-de-TiVi nous disent par rapport à notre grossesse et notre accouchement. Nous finissons par croire que nous n’avons simplement pas les compétences d’accoucher. Leurs arguments semblent logiques : nous ne meaning-of-lifeconnaissons pas ça, nous n’avons pas encore l’expérience de la naissance, donc nous ne sommes pas qualifiées. Sur ce mot « qualifié » qui résonne en moi avec la certitude d’être le plus gros mensonge au monde, je vous laisse écouter ce délicieux sketch de Monty Pyton qui illustre (de façon caricaturale – mais malheureusement avec des éléments se rapprochant drôlement de la réalité) à merveille mon propos.

Je pense qu’il est temps de changer nos références par rapport à l’accouchement. Vous ne trouvez pas?

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